vendredi, avril 01, 2016

Avril (2016) sur un fil : Chateauroux, Dijon et Dijon


1 ROCK ET CINÉMA le 2 avril 2016, 20 h 45, à Chateauroux
À l'invitation du Festival Retours Vers le Futur, je présente au cinéma l'Apollo samedi 2 avril à 20 h 45 Phantom of de Paradise (1973) le film de Brian (Brain ?) de Palma. Invisible dans les salles depuis des années, le film est présenté en version numérique. J'ai écrit il y a quelques années un article sur la question de la captation dans ce film puis dans un chapitre de mon livre l'Avaleur de Rock (2004). 

Le programme du festival ? Cliquez
L'article est ICI
La présentation du livre (et le premier chapitre en accès libre) est

2 SÉMINAIRE DE L'ÉQUIPE de RECHERCHE MANAGEMENT CULTUREL (MECIC) 
Le 7 avril 2016 à 11 h à l'ESC de Dijon
À l'invitation de Christine Sinapi, je présenterai mes recherches lors du séminaire de l'équipe de recherche Management Culturel (MECIC) de l'École Supérieure de Commerce. J'y parlerai notamment de la musique et des arts de la scène à l'âge de l'anthropocène.
Si vous voulez y assister écrivez moi ICI 

3 CONFÉRENCE SUR LE  KRAUTROCK au Consortium de Dijon, le 12 avril 2016 à 19 h 
L'association Why Note,  dédiée aux musiques improvisées et contemporaines à Dijon, m'a proposé de parler du Krautrock. Je leur ai répondu que je ne savais pas si ça existait. C'est donc ce que l'on verra (en sons et en images)... L'entrée est libre.

 Le  texte de présentation de la conférence est
 Les infos pour se rendre au Consortium

samedi, février 27, 2016

Prochaine intervention : séminaire Histoire du Spectateur le 3 mars 2016 à Paris


À l'invitation d'Isabelle Moindrot, dont je recommande au passage l'ouvrage L'altérité en Spectacle 1789-1918 codirigé avec Nathalie Coutelet, je présente mes recherches le 3 mars 2016 à 17 h dans le cadre du séminaire "Histoire du Spectateur, 19e-21e siècles", séminaire organisé par l'axe "Histoire" de l'Équipe d'accueil "Scènes du monde, création, savoirs critiques" (Université Paris 8). 

Le séminaire se déroule dans les locaux de la Société d'Histoire du Théâtre, 71 rue de Richelieu, Paris 2e, le 3 mars à 17 h et l'entrée est libre.

Mon intervention s'intitule "Les feux du rock, du studio à la scène" et en voici le résumé :

"Depuis plusieurs années, je m'intéresse à la dissémination de la culture scientifique dans l'espace public depuis les débuts de ce qu’on appelle la Révolution Scientifique. Je trace le développement des spectacles scientifiques en Angleterre et en Europe continentale, observe la pénétration des techniques issues de la Révolution Scientifique dans le théâtre d'autre part, et porte enfin mon analyse sur le développement des laboratoires de recherche dans l'industrie électrique du 20e siècle, dans les firmes d'Edison et de Bell.
À partir de ces trois éléments et d'une analyse des formes spécifiques de coopération que l'on trouve dans les laboratoires britanniques et les institutions politiques anglaises et américaines, j'émets l'hypothèse que l'on peut faire un lien entre ces traditions techniques, intellectuelles et culturelles et la naissance du rock vers 1950. Les formes d'organisation du rock (les groupes), de production en studio (rôle des producteurs et des artifices électriques) et la physionomie des performances sont en effet les héritiers de cette culture anglo-américaine du feedback et en particulier de la déclinaison publique et “ingénieriale” de la doctrine newtonienne.
Je m'efforce ainsi de montrer que les dispositifs et les compétences techniques des studios (par ex. les consoles de mixage ou les ingénieurs du son) et les outils de reproduction sonore dédiés à la sphère domestique (les platines disque) n'ont pas cessé d'être transposés dans la sphère publique par des amateurs. Une analyse qui permet de mieux comprendre l'arrivée du hip hop et de la techno. Au final, il s'agit de montrer une généalogie culturelle allant de Robert Boyle (physicien et chimiste du 17e siècle)  aux Beatles, où la sphère amateur agit comme un acteur essentiel et reconfigure sans cesse le "privé" et le "public". "
Deux articles, accessibles en ligne, documentent cette réflexion que je mène depuis plusieurs années :


From the Scientific Revolution to Popular Music. A sociological approach to the origins of recording technology, in Journal of Art Record reproduction, janvier 2007, p.1-30.

jeudi, février 04, 2016

Prochaine intervention : Musicora le 5 février 2016


Dans le cadre du salon Musicora, la FNEIJMA (La Fédération nationale des écoles d'influence jazz et des musiques actuelles) organise une série de débats intitulés " Perspectives numériques, nouveaux instruments, nouveaux musiciens, nouvelles pédagogies". 
Je participe à l'un d'entre eux qui s'intitule "Nouveaux auteurs, nouveaux producteurs, nouvelles diffusions, état des lieux, perspectives, interrogations" le 5 février à 11 h 30 à  l'Espace Boris Vian, Grande Halle de la Villette (Paris)

Le programme complet est ICI
Infos pratiques

lundi, janvier 18, 2016

Prochaine intervention : les BIS à Nantes




Je participe à un débat sur le jazz dans les cadre des BIS (Biennales Internationales du Spectacle) à Nantes le 21 janvier 2016 à 10 h 30.  Cette discussion est organisée par le cluster Le Jazz est là. En voici la présentation.

Le jazz, influences, identité, esthétiques
Après un siècle de « Jazz », de métissage et de croisements, la plus populaire des musiques a fortement changé de place dans le tissu social, tout en connaissant des mouvements artistiques significatifs. À l’aide d’extraits musicaux, les intervenants échangeront avec la salle sur les évolutions de ce courant musical en questionnant les représentations qui y sont liées.

Rencontre animée par Cyrille Gohaud, directeur du Pannonica/Nantes Jazz Action, Fedelima, avec David Chevallier, musicien - Cie Le SonArt ; Bénédicte Froidure, directrice de File 7 (Smac de Magny le Hongre) ; Philippe Méziat, journaliste pour Jazz Magazine ; François Ribac, compositeur et sociologue (Cimeos / Université de Bourgogne)

C'est donc le 21 janvier à 10 h 30 dans le cadre des BIS, cité des Congrès, salle 200
Toutes les infos pratiques et le programme sont ICI

mercredi, décembre 02, 2015

En décembre 2015 : musiques populaires et programmation



Deux interventions à venir en décembre 2015 :

1° Un colloque étudiant sur les musiques populaires (le 2e en France) organisé par une association enthousiaste l'Acemup. Cela se déroule les 3 et 4 décembre 2015 au Centre musical Barbara, Fleury Goute-D'or à Paris. J'y modère la première matinée.
Toutes les infos sont


Le 14 décembre 2015, je participe à une journée d'étude et de débats organisée par le Lab (L'agence culturelle de Bourgogne) et consacrée à la diffusion des spectacles dans les arts de la scène.
Cela se déroule à l'Atheneum à Dijon. J'y présenterai l'étude “La fabrique de la programmation culturelle"  réalisée avec Catherine Dutheil-Pessin et le livre à paraître. J'interviens à partir de 14 h.
“Mes” étudiante-s du master Ingénierie des Métiers de la Culture de Dijon présenteront également leurs travaux sur cette question tandis que le Lab présentera une étude intitulée " la diffusion dans les lieux intermédiaires en Bourgogne".

Au plaisir de vous rencontrer et de débattre avec vous.

Toutes les infos sont ICI

vendredi, octobre 23, 2015

Fabrique de la programmation culturelle : interview pour la revue Regards

Je reproduis ci-dessous un interview récemment réalisé par Caroline Chatelet pour la revue Regards 

Professeure de sociologie à l’université de Grenoble pour la première, compositeur de théâtre musical, sociologue et maître de conférences à l’Université de Dijon pour le second, tous deux ont mené avec "La fabrique de la programmation culturelle 2011-2013" un travail de recherche qui, en s’intéressant à un sujet extrêmement particulier, révèle les paradoxes et limites propres plus généralement aux politiques culturelles.

Regards. Peu d’études sont consacrées à ce métier de programmateur. À quoi attribuez-vous ce manque d’intérêt des chercheurs ?
Catherine Dutheil-Pessin. De nombreuses collectivités territoriales et institutions missionnent des chercheur-e-s afin de référencer les spectacles qu’elles subventionnent, mais ces recherches s’intéressent plutôt aux résultats (les spectacles programmés) et aux ratios qu’à la fabrique au jour le jour de la programmation. Pour ce qui nous concerne, nous avons étudié le travail par lequel des spectacles particuliers sont sélectionnés afin de représenter l’intérêt public : la formation, la sélection des spectacles, l’immersion dans les réseaux professionnels, les contraintes que l’on doit gérer, les langages, les technicités, les conflits, etc.
François Ribac. Pour compléter ce que dit Catherine, il est patent que l’étude de la politique culturelle en France a souvent tendance à considérer comme acquis les présupposés de la politique culturelle (en particulier son langage et ses récits fondateurs) et à mettre le focus sur les discours et les pratiques au sommet de l’État – en particulier le ministère de la Culture. La méthode que nous avons employée, le bottom up, consiste à réaliser une ethnographie du travail de ceux et celles qui donnent corps à la politique publique. Ils et elles ne sont pas les seuls, bien sûr, le public, les artistes sont là, mais la programmation est essentielle puisque c’est à cet endroit que le travail de traduction s’effectue et représente la politique culturelle pour les usagers. Et pour ce faire, nous nous intéressons à toutes sortes de disciplines, de territoires, de statuts sociaux, de générations – sans nous polariser exclusivement sur les lieux labellisés par l’État.

« Produire une politique culturelle : travailler à faire tenir toutes ces entités humaines, institutionnelles, techniques »


À travers la diversité des structures étudiées et des programmateurs rencontrés, avez-vous découvert des façons de travailler récurrentes ?
C. D.-P. Ce qui est d’abord évident, c’est que quelles que soient les générations, les programmateurs/trices sont des passionné-e-s et même des bouffeurs de spectacles. Mais leur travail ne consiste pas à choisir les spectacles qu’ils/elles aiment mais bien plutôt à programmer ceux qui peuvent supporter (et transcender aussi) les nombreuses contraintes qu’il leur faut gérer ; la jauge de la salle, la taille du plateau, l’élu-e à la culture, le territoire, le public, la concurrence, les moyens dont on dispose etc. C’est donc au moins autant un travail d’arbitrage, voire de développement territorial, que de choix artistiques. Cette activité consiste précisément à programmer (à associer des facteurs) tout cela. C’est cela, produire une politique culturelle : travailler à faire tenir toutes ces entités humaines, institutionnelles, techniques.
F. R. Nous nous sommes également interrogés sur la nature de cette expertise. Normalement, un expert est consulté pour donner son avis sur une chose que lui-même sait faire, mais sans être impliqué. Or ici, il s’agit de personnes qui expertisent des spectacles sans, dans la plupart des cas, avoir une pratique artistique. Nous montrons que l’interaction permanente avec des pairs et des réseaux professionnels permet de collecter des informations, des rumeurs, des pistes, et que l’expertise est ici beaucoup moins individuelle que liée aux informations qui circulent dans le milieu. De ce point de vue, cette expertise n’est pas plus contestable qu’une expertise directe de personnes ayant les compétences pratiques pour faire les choses qui, elle aussi, trouve sa matière dans le monde social et ses interactions. Cependant, ces mêmes personnes achètent et vendent des spectacles, montent des productions. Ils sont donc à la fois des experts compétents et des personnes qui agissent sur le marché des spectacles subventionnés. Dans d’autres sphères sociales, le fait qu’un individu ou un groupe social aient une action sur le monde qu’ils évaluent serait considéré comme un conflit d’intérêts. Il s’agit moins d’un problème lié aux programmateurs comme personnes ou réseaux professionnels qu’à la façon dont les politiques publiques sont mises en œuvre en France...

« Le monde de la programmation est extrêmement stratifié et hiérarchisé avec des grands, des tout petits, des ruraux, des urbains, etc. »


Lors d’un débat, vous avez évoqué le lien entre la « personnalisation de l’exercice » et la Cinquième république…
F. R. Dans le système capitaliste et dans la déclinaison particulière des institutions politiques en France, plus les fonctions sont symboliquement investies et détentrices de pouvoir en jeu, et plus on répond en termes d’incarnation, c’est-à-dire de personnalisation. Dans cette perspective, il paraît naturel que les dispositifs culturels soient confiés à des individus déclinant leurs projets. Notre étude montre d’ailleurs que même lorsque la programmation est répartie entre plusieurs personnes, le travail est assez solitaire.
C. D.-P. Il faut également ajouter que le monde de la programmation est extrêmement stratifié et hiérarchisé avec des grands, des tout petits, des ruraux, des urbains, etc. Et comme ailleurs, c’est dans les dispositifs les moins financés et dans les situations les plus précaires que l’on trouve le plus des jeunes femmes, passées par les formations universitaires aux métiers de la culture. Comme dans le reste de la société française, le système éducatif et le monde du travail reproduisent les discriminations...
F. R. Concernant cette idée de système, je voudrais rajouter un point. Dans le régime “Cinquième république”, on délègue couramment la mise en œuvre des politiques publiques à des grandes entreprises ou à des structures hybrides mélangeant privé et public : la sécurité sociale, le système des hôpitaux, l’énergie, etc., relèvent de ce type de fonctionnement. Dans ces configurations, les personnes qui réalisent l’expertise technique ou la mise en œuvre (les ingénieurs pour EDF, les médecins et responsables du management de la santé publique pour le système de santé) occupent un rôle fondamental. La délégation à ces couches sociales, leur mandat, est du même ordre que celle confiée aux politiques : une fois qu’on a voté pour eux, ils font un peu ce qu’ils veulent. De ce point de vue, le monde culturel subventionné qui se définit souvent – pas seulement du côté des programmateurs, mais du côté des artistes, des syndicats, de l’état, des critiques, des journalistes – comme spécifique, en résistance, à l’avant-garde, a un fonctionnement comparable au reste des sphères que l’État régule. Mais tandis que dans ces autres domaines, il existe des associations de citoyens avec lesquelles les systèmes doivent composer, l’équivalent n’existe pas dans la "culture". Peut-être faudrait-il aller vers cela : non pas collectiviser la programmation, mais repenser la politique publique à l’aune de l’insertion de profanes, de groupes de citoyen-ne-s – en pensant à des questions comme celles de la parité, des minorités, de l’amateurisme. Nous ne critiquons pas les personnes en charge de la programmation, mais l’organisation sociale dans laquelle elle prend place. Demander des soins palliatifs ne signifie pas que les médecins doivent disparaître !

« On dit aux usagers : "Il faut qu’on vous forme avec des spectacles, qu’on vous émancipe du communautarisme, etc." »


Le fait que les structures culturelles subissent une injonction à ce que l’art, la culture produisent du lien social, du commun, joue-t-il sur le travail du programmateur ?
C. D.-P. Cela dépend peut-être des disciplines artistiques. Ce qui est sûr, c’est qu’eux se sentent dépositaires d’une sorte de mission, ils doivent programmer la "bonne" culture, en choisissant des spectacles pointus, exigeants, de qualité et authentiques. Ils se sentent investis de ce rôle et peut-être projettent-ils aussi dans cette "bonne" et "vraie" culture la capacité à soigner la société, à recréer des valeurs, du lien social, à refaire de l’entente entre des groupes. C’est un discours très prégnant.
F. R. L’essor des dispositifs subventionnés – et le fait qu’en parallèle se soit développé ce discours de culture comme remède, comme moyen de pacification – correspond à l’essor du républicanisme comme substitut à la transformation sociale et à l’acceptation des règles de la mondialisation néolibérale. On dit aux usagers : « Vous êtes manipulés par les médias / il n’y a plus de lien social / il faut qu’on vous forme avec des spectacles, qu’on vous émancipe du communautarisme etc. ». Il y a là quelque chose de redoutable dans le fait de reporter la responsabilité de l’échec de la gauche sur les citoyens eux-mêmes. Jacques Rancière a bien montré cet effet de translation. Personne ne nie l’effet performatif des médias, des spectacles, des représentations, mais ceux qui sont promus avec de l’argent public ne sont sûrement pas moins normatifs.

samedi, septembre 26, 2015

La fabrique de la programmation culturelle au prisme du genre : 5 octobre 2015



Le 5 octobre 2015, Catherine Dutheil-Pessin et moi-même présentons notre étude au Théâtre de la Commune à l'occasion du lancement de la saison égalité du collectif HF Île de France. 
Ce collectif se bat pour l'égalité entre les hommes et les femmes dans le monde du spectacle et existe désormais dans la plupart des régions. 
En nous appuyant sur notre étude, nous parlerons de la façon dont les programmatrices sont assignées à des postes, des disciplines et nous nous interrogerons sur les causes de cette situation et plus généralement sur les discriminations envers les femmes dans le monde du spectacle. 

C'est donc le  lundi 5 octobre, à La Commune Centre Dramatique National d’Aubervilliers, à 19h30 à l'occasion du lancement officiel de la SAISON 3 ÉGALITÉ HOMMES / FEMMES EN ÎLE-DE-FRANCE qui réunira cette année 30 théâtres partenaires.
  Le programme complet, les autres intervenant-es ? ICI